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Paroisse Saint-Bruno les Chartreux

LES TRANSPORTS SUR RAILS À LA CROIX-ROUSSE

Par Philippe Lépine, paroissien de Saint-Bruno

Au milieu du 19e siècle, « La Croix-Rousse était alors un gros bourg séparé de Lyon mais où aboutissaient les routes de la Dombes et de Bresse.
La montée de la Grande Côte, artère de liaison entre ces 2 communes connaissait un trafic de charroi intense dont sa déclivité s’accordait fort mal.

La Croix-Rousse ne fut rattachée à Lyon qu’en 1852 et le boulevard, sur le tracé des remparts, n’a été ouvert qu’en 1866.

Un projet de chemin de fer de Lyon à la Croix-Rousse avait été déposé qui, après de nombreuses discussions se concrétisa en 1859 avec la fondation de la « Compagnie du chemin de fer le Lyon à la Croix-Rousse »

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Les travaux d’un « chemin de fer à câble commencèrent rapidement entre la rue Terme, alors en cours de percement, et le boulevard de la Croix-Rousse.
C’était la première fois que la « traction funiculaire » était systématiquement appliquée.
L’empereur Napoléon III vint visiter les travaux et l’inauguration eut lieu le 3 juin 1862.

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En 1863, soit un an après la mise en service du funiculaire, la « Compagnie de fer de la Croix-Rousse à Sathonay ouvre une ligne pour desservir le camp militaire.
Elle ouvre ensuite une ligne jusqu’à Trévoux.
En 1879 elle est rachetée par la « Compagnie de Dombes et du Sud-Est » qui avait établi une ligne de Sathonay à Bourg.

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Ces lignes de chemin de fer que leur lenteur avait fait baptiser « La Galoche », avaient leur terminus à coté de l’arrivée de la « Ficelle » .
Les trains traversaient donc le boulevard créant alors une gêne pour la circulation, ce qui entraînait des réclamations, comme l’indique cet article de journal {01}

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La gare de marchandises était établie là où est actuellement la Place des Tapis.

Mais, entre-temps,une compagnie concurrente de celle du funiculaire de la rue Terme construit et met en service en avril 1891, le funiculaire de Croix-Paquet, la « ficelle à un sou », se battant sur les tarifs avec la société concurrente.

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Puis les tramways viennent s’installer à la Croix-Rousse.

C’est le 1er juin 1897 que le «  tramway de la Croix-Rousse à Caluire » fut mis en service. C’était un tramway à voie métrique. qui fut prolongé, en 1900, jusqu’aux « Marronniers », à l’entrée de Sathonay, à la limite de la frontière départementale, l’autorisation de franchissement n’ayant pas été obtenue.

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L’accès à la Croix-Rousse par un tramway, depuis la presqu’île avait donné lieu à de vives discussions et c’est seulement en 1905 que l’O.T.L.- Compagnie des Omnibus et Tramways de Lyon - put mettre en service un tramway électrique « Perrache_Croix-Rousse par les pentes de Cours des Chartreux, actuellement cours général Giraud, et le boulevard de la Croix-Rousse.

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Les longues motrices, à bogies et à plateforme centrale, « Buire_Croix-Rousse », dans la nomenclature de l’OTL ont été plus connues sous le nom de « Torpilleurs ».

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Mais l’OTL qui reprenait petit à petit tous ses concurrents tenait à développer son réseau et étudia donc une ligne pour escalader les pentes de la Croix-Rousse.
En juillet 1912 fut mise en service la ligne 6 « Place du Pont_ Place du Commandant Arnaud »

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La 6 ,rue du Jardin des Plantes, au dessus du tunnel de la ficelle
La vue ci-dessus a été prise après 1932, les motrices Buire d'origine ayant été modernisées

C’est seulement en 1914 que le P.L.M., qui avait racheté les compagnies de chemins de fer, fit construire au niveau de la place des Tapis une nouvelle gare de voyageurs : Croix-Rousse PLM .
La gare de marchandises fut alors transférée au niveau de la rue Hénon.

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L'entrée du boulevard n'était plus encombrée par les trains.

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Sur cette vue aérienne de l’hôpital de la Croix-Rousse (pendant la guerre de 1939-1945), on voit, en haut, le début du faisceau des voies de la gare de marchandises établie rue Hénon , ainsi que la rotonde du dépôt des locomotives.

Cette année 1914 avait aussi vu le rachat, par l’OTL, de la compagnie de tramway de Caluire .

Après la guerre, le remplacement d’un matériel vieillissant se faisait pressant mais en même temps cette ligne établie à voie métrique méritait d’être reconstruite à voie normale pour mieux s’intégrer dans le réseau.

En 1925, la ligne de Caluire, rénovée et baptisée 33, était ouverte exploitée par des rames équipées du frein à air comprimé Westinghouse, une première pour les lignes urbaines de l’OTL.

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motrice type Buire B freinée à air

Les défauts de freinage des « torpilleurs » de la 13 posaient problème dès le début mais un déraillement dans le tournant en haut de la montée de la Butte laissa un « torpilleur » en bascule au dessus du vide.

Les « torpilleurs » furent alors affectés à des lignes urbaines et remplacés en 1932 sur la ligne 13 par des motrices Buire A rénovées.

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Les Buire A formaient la plus importante série des motrices de l’OTL avec 163 véhicules. Un bon nombre de celles-ci a été rénové en 1932

Les tramways ont été remplacés, sur la 13, par des trolleybus en 1944.

Sur la 33 cette transformation s’opéra en 1947 et sur la 6 en 1948

Le funiculaire de la rue Terme a été supprimé en 1967 pour être transformé en tunnel routier.

Le funiculaire Croix-Paquet a cessé son exploitation en 1972 pour être transformé en « crémaillère » dans le cadre de la réorganisation du réseau autour du métro.
Il a été remis en service en 1974 puis intégré au réseau de métro (par prolongement à « Hôtel de Ville » sous le nom de ligne C en 1978 .

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La ligne fut prolongée en décembre 1984 plus au nord , en simple adhérence, jusqu’au site de l’ancienne gare de Cuire.

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jour de l’inauguration

Bibliographie

Histoire des Transports à Lyon Jean Arrivetz 1965
Les Transports à Lyon : Du tram au métro Borgé et Clavaud
Honoré éditeur rue d’Algérie à Lyon
1984
Lyon : Du tram au tram
Éditions de la Régordane
Jean Arrivetz 2001
Sur les rails du Lyonnais (Volume 2 ) José Banaudo
Éditions du Cabri
2002
Les Transports en commun à Lyonn Roland Racine
Éditions Alan Sutto
2010
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